Aller au contenu principal
Ressource pédagogique libre : l’Atelier du Reportage publie des articles d’apprentissage, sans accréditation, sans titre reconnu, sans inscription et sans aucune garantie d’embauche ou de publication.
Atelier du Reportageécole du reportage · Liège

Règles éditoriales

Les règles que nous nous imposons

Ce qui peut être affirmé, avec quel vocabulaire, sur la base de quelle source, et comment une erreur est corrigée.

1. Ce que nous publions, et pourquoi

Nous publions des leçons de métier : des gestes décrits assez précisément pour être reproduits, avec leurs conditions et leurs limites. Nous ne publions pas d’actualité, pas d’opinion sur un média, pas de critique d’un confrère, pas de classement et pas de comparatif d’outils commerciaux. Cette restriction est volontaire : une base pédagogique perd sa valeur dès qu’elle devient un lieu de prise de position, parce que le lecteur ne sait plus s’il lit une méthode ou un avis.

2. Séparation stricte entre fait, règle et usage

Trois registres se distinguent dans chaque page. Un fait est vérifiable : un texte existe, une décision a été publiée, un chiffre figure dans une série officielle. Une règle est contraignante : une obligation légale ou une disposition déontologique écrite. Un usage est répandu sans être obligatoire : la longueur d’une brève, l’ordre des questions dans un entretien, la manière de tenir un carnet. Confondre ces registres est l’erreur qui abîme le plus vite la confiance, et nous la traquons en relecture.

3. Sources : quatre niveaux, un seul critère

Le critère est la vérifiabilité par le lecteur. Nous citons donc de préférence des textes publiés au Moniteur belge, des règlements européens comme le RGPD, le Code de déontologie journalistique, les avis motivés du Conseil de déontologie journalistique, les décisions et recommandations du Conseil supérieur de l’audiovisuel, les séries de Statbel et les publications de l’Association des journalistes professionnels. Une source non consultable n’entre pas dans une leçon, même si elle est fiable : le lecteur ne pourrait pas nous contredire.

Statut d’une affirmation et vocabulaire imposé
StatutFormulation autoriséeFormulation interdite
Obligation légale« La loi impose… », avec l’indication du texte« Il faut » sans référence
Règle déontologique« Le code prévoit… », « le CDJ a estimé… »« C’est illégal » pour une règle non légale
Usage professionnel« La plupart des rédactions… », « l’usage est de… »« La règle veut que… »
Conseil de l’Atelier« Nous conseillons… », assumé comme un choixPrésentation comme une norme du métier
Incertitude« Les avis divergent », avec les deux lecturesSilence, ou choix implicite d’une seule lecture

4. Aucune personne inventée

Nous n’écrivons pas de témoignage fictif, de citation reconstituée, de nom d’auteur imaginaire ou de profil d’expert composé pour la crédibilité. Les rôles éditoriaux sont décrits par fonction. Les exemples mettent en scène des situations, pas des personnes nommées : « une échevine », « un délégué syndical », « une riveraine ». Cette règle vaut aussi pour les illustrations : nos dessins vectoriels ne représentent aucun visage, et aucune photographie n’est utilisée.

5. Traitement des chiffres

Un chiffre entre dans une page avec son unité, sa période et sa source. Nous n’arrondissons pas pour faire joli et nous ne comparons pas deux séries construites différemment. Les exemples de calcul utilisent des unités éditoriales — mots, sources, minutes, jours, pourcentages — jamais de montants. Quand un chiffre sert d’illustration et non de constat, la page le dit : la jauge de la première leçon est présentée comme une arithmétique de relecture, pas comme une mesure de qualité.

6. Corrections

Une erreur factuelle établie est corrigée sans délai et signalée sur la page, avec la date et la nature du changement. Une coquille n’est pas signalée. Une modification de fond l’est toujours. Nous ne dépublions pas une page pour effacer une erreur, et nous n’effaçons pas une mention de correction devenue ancienne. Un désaccord d’interprétation conduit à publier les deux lectures et leurs sources, sans arbitrage de notre part.

De la réception d’un signalement à la publication de la correction

  1. Réception

    Le message est enregistré et son objet identifié.

  2. Qualification

    Erreur factuelle, source obsolète, ambiguïté ou désaccord.

  3. Vérification

    Retour à la source primaire et à sa version en vigueur.

  4. Décision

    Correction, reformulation, ajout d’une lecture divergente ou refus motivé.

  5. Publication

    Modification de la page et mention datée si le fond change.

  6. Réponse

    Information de la personne qui a signalé, dans les 5 jours ouvrables.

7. Indépendance et conflits d’intérêts

Aucun contenu n’est commandé, financé, relu ou suggéré par un tiers. Nous n’acceptons ni contenu sponsorisé, ni lien payant, ni échange de visibilité, ni cadeau, ni voyage, ni accès privilégié en échange d’une mention. Si un membre du pupitre éditorial a un lien personnel avec un sujet traité — une collaboration passée avec une institution citée, par exemple — il ne relit pas la page concernée. Le site n’a aucun espace commercial et n’en aura pas.

Contrôle final avant mise en ligne d’une page

  • Chaque affirmation contraignante renvoie à un texte identifiable.
  • Le statut de chaque affirmation est explicite : loi, code, usage ou conseil.
  • Aucun nom de personne inventé, aucune citation reconstituée.
  • Les chiffres portent unité, période et source.
  • La page indique ce qu’elle ne traite pas.
  • Les liens internes résolvent vers une page existante.
  • Le vocabulaire correspond aux définitions du glossaire.

8. Langue et lisibilité

Nous écrivons en français de Belgique, sans jargon inutile et sans anglicisme décoratif. Un terme technique est défini à sa première apparition et repris dans le glossaire. Les paragraphes visent 70 à 140 mots, les phrases restent sous les vingt-cinq mots quand c’est possible, et les titres intermédiaires annoncent réellement ce qui suit. Nous évitons les superlatifs : une méthode n’est jamais « la meilleure », elle est adaptée à un contexte donné.

9. Sources en d’autres langues et vocabulaire importé

Une partie des textes utiles existe d’abord en néerlandais ou en anglais. Trois règles s’appliquent alors. Nous citons la version française officielle quand elle existe, ce qui est le cas des règlements européens et de la plupart des textes fédéraux belges. Quand nous traduisons nous-mêmes un terme, nous signalons qu’il s’agit d’une traduction de travail et nous conservons le terme d’origine entre parenthèses, parce qu’une notion juridique traduite approximativement devient fausse. Enfin, nous refusons les calques anglais devenus des tics de métier lorsqu’un mot français existe et dit la même chose : écrire « vérification » plutôt qu’un anglicisme n’est pas du purisme, cela évite qu’un lecteur croie à une technique nouvelle là où il s’agit d’un geste ancien.

10. Ce que ces règles n’englobent pas

Elles ne font pas de nous une instance déontologique : nous n’évaluons aucun média, ne traitons aucune plainte et n’émettons aucun avis sur un cas réel. Elles ne remplacent pas le Code de déontologie journalistique, dont la lecture directe reste indispensable à qui publie de l’information en Belgique francophone. Elles ne créent aucun droit pour le lecteur autre que celui de signaler une erreur et d’obtenir une réponse motivée, ce qui est déjà l’essentiel.