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Ressource pédagogique libre : l’Atelier du Reportage publie des articles d’apprentissage, sans accréditation, sans titre reconnu, sans inscription et sans aucune garantie d’embauche ou de publication.
Atelier du Reportageécole du reportage · Liège

Glossaire

Observatoire des termes du métier

Trente-et-un mots que l’on entend en rédaction, définis dans le sens que leur donne la pratique belge francophone, avec les confusions les plus fréquentes.

Définitions pédagogiques. Pour les notions juridiques, le texte de loi et son interprétation par les juridictions prévalent sur tout résumé, y compris celui-ci.

Pourquoi un glossaire plutôt qu’un lexique décoratif

La plupart des malentendus de rédaction viennent de mots que tout le monde croit partager. « Off » ne désigne pas la même chose selon les rédactions ; « source » sert autant à nommer un document qu’une personne ; « vérifier » peut signifier relire, recouper ou remonter à l’original. Ce glossaire fixe un usage pour l’ensemble du site : quand une leçon emploie un de ces termes, c’est dans le sens indiqué ici. Les définitions restent volontairement courtes et renvoient à la matière où le terme est travaillé en détail.

Quatre familles organisent la liste : l’écriture et la structure, la collecte et les sources, le droit et la déontologie, la fabrique et la diffusion. Les entrées juridiques signalent le texte belge applicable sans le résumer, parce qu’un résumé de loi se périme et qu’une nuance manquante peut coûter cher. Là où un mot n’a pas de définition stable dans la profession, nous le disons plutôt que d’inventer une règle.

Écriture et structure

Angle
Point d’entrée choisi dans un sujet trop vaste pour être traité entièrement. Un angle se formule en une phrase et se juge à ce qu’il oblige à laisser de côté. Deux articles sur la même réunion peuvent avoir deux angles également honnêtes. Voir aussi : pyramide inversée, structure narrative.
Attaque
Première phrase du texte. Elle porte l’information la plus utile au lecteur pressé et annonce implicitement le contrat de lecture. Une attaque de 25 à 40 mots suffit généralement pour une brève ; au-delà, l’essentiel arrive trop tard. Voir aussi : chapeau, pyramide inversée.
Brève
Texte court, souvent de 15 à 25 lignes, qui répond aux questions essentielles sans développement. La brève est l’exercice le plus formateur : chaque mot supprimé se remarque, et chaque approximation devient visible. Voir aussi : attaque, pyramide inversée.
Chapeau
Court paragraphe placé entre le titre et le corps du texte, qui résume l’essentiel en deux ou trois phrases. Il se rédige après l’article, jamais avant, sinon il annonce un texte que l’on n’a pas encore écrit. Voir aussi : attaque, titres.
Chute
Dernière phrase ou dernier paragraphe. Une chute utile referme le raisonnement ou ouvre sur une question restée sans réponse ; une chute décorative ajoute une émotion que le reportage n’a pas démontrée. Voir aussi : structure narrative.
Pyramide inversée
Ordre d’écriture qui place l’information la plus importante en premier, puis les précisions par ordre décroissant d’utilité. Elle permet de couper un texte par la fin sans le rendre incompréhensible. Voir aussi : attaque, secrétariat de rédaction.
Encadré
Bloc séparé du texte principal qui accueille un rappel de contexte, une méthode ou un chiffre. Il évite d’alourdir le récit et signale au lecteur que l’information vient d’un autre registre que la narration. Voir aussi : structure narrative.
Titre, surtitre, sous-titre
Ensemble d’éléments de titrage. Le titre porte l’information, le surtitre situe la rubrique ou le lieu, le sous-titre ajoute la précision qui ne tenait pas dans le titre. Aucun des trois ne peut affirmer plus que le texte. Voir aussi : secrétariat de rédaction.

Collecte et sources

Source primaire
Document ou témoignage d’origine : procès-verbal, décision publiée, série statistique, personne présente sur les lieux. Une source primaire peut être fausse ou partiale, mais elle est vérifiable, ce qui est différent. Voir aussi : recoupement, vérification.
Source secondaire
Reprise ou commentaire d’une source primaire : article, synthèse, communiqué résumant un rapport. Utile pour comprendre un enjeu, insuffisante pour établir un fait, car les erreurs de reprise se propagent vite. Voir aussi : source primaire.
Recoupement
Confirmation d’un fait par au moins deux sources qui ne dépendent pas l’une de l’autre. Deux articles citant le même communiqué ne constituent pas un recoupement : ils constituent une seule source répétée deux fois. Voir aussi : vérification des faits.
Off
Accord conclu avant l’échange sur l’usage possible des propos : non attribuable, attribuable à une fonction, ou utilisable seulement pour s’orienter. L’accord doit être explicite, formulé avant et rappelé à la fin de l’entretien. Voir aussi : sources et confidentialité.
Anonymisation d’une source
Décision de ne pas publier l’identité d’une personne, prise pour une raison vérifiable : risque professionnel, risque de représailles, situation de vulnérabilité. Elle doit être expliquée au lecteur, au moins dans son motif. Voir aussi : protection des sources.
Protection des sources
Principe selon lequel un journaliste ne peut être contraint de révéler ses sources, encadré en Belgique par la loi du 7 avril 2005. La portée exacte et les exceptions relèvent du texte lui-même et de son interprétation par les juridictions. Voir aussi : droit et déontologie.
Embargo
Demande de ne pas publier une information avant une date et une heure précises, généralement liée à la remise anticipée d’un document. Accepter un embargo est un choix éditorial ; le refuser est possible, mais se dit avant réception. Voir aussi : communiqué.
Communiqué
Texte diffusé par un acteur pour faire connaître sa version. C’est une source légitime sur les intentions de son émetteur et une source faible sur les faits qu’il décrit. Sa reprise se signale toujours comme telle. Voir aussi : source secondaire.
Dérushage
Écoute ou visionnage complet d’un enregistrement pour en extraire les passages utilisables, avec repérage du minutage. Étape lente, souvent sous-estimée : comptez au moins deux fois la durée de l’enregistrement. Voir aussi : bases multimédia.

Droit et déontologie

Déontologie
Ensemble de règles professionnelles que la profession se donne à elle-même, distinctes des obligations légales. En Belgique francophone, le Code de déontologie journalistique en constitue la référence écrite. Voir aussi : CDJ, droit et déontologie.
Conseil de déontologie journalistique (CDJ)
Instance d’autorégulation compétente pour les médias d’information de la Communauté française de Belgique. Elle publie des avis motivés sur des plaintes. Ses avis sont publics et constituent une lecture utile ; ils ne remplacent pas une décision de justice. Voir aussi : déontologie.
Contradictoire
Obligation professionnelle de permettre à une personne mise en cause de répondre avant publication, avec un délai réaliste. Le refus de répondre se mentionne ; l’absence de sollicitation, elle, se remarque. Voir aussi : vérification des faits.
Présomption d’innocence
Principe selon lequel une personne poursuivie n’est pas coupable avant jugement définitif. Il impose un vocabulaire précis : « mise en cause », « poursuivie », « condamnée en première instance » ne sont pas interchangeables. Voir aussi : droit et déontologie.
Vie privée
Sphère protégée d’une personne, qui limite la publication d’informations sans lien avec un sujet d’intérêt général. Le fait qu’une information soit techniquement accessible ne la rend pas publiable. Voir aussi : RGPD, droit à l’image.
Droit à l’image
Principe imposant l’accord d’une personne identifiable pour la diffusion de son image, avec des nuances pour les scènes de foule et l’actualité. Photographier n’équivaut pas à publier. Voir aussi : bases multimédia.
Droit d’auteur
Protection des œuvres, y compris des textes et photographies, encadrée en Belgique par le Code de droit économique. Citer courtement en identifiant l’auteur et la source n’est pas la même chose que reproduire. Voir aussi : citation.
Droit de réponse
Faculté, encadrée par la loi, pour une personne visée d’obtenir la publication de sa réponse. Il est distinct du rectificatif, qui corrige une erreur constatée par la rédaction elle-même. Voir aussi : rectificatif.
RGPD
Règlement général sur la protection des données, applicable dès qu’une personne identifiable est concernée par un traitement. En Belgique, l’Autorité de protection des données (APD/GBA) est l’autorité de contrôle. Le journalisme bénéficie d’aménagements, pas d’une exemption générale. Voir aussi : vie privée.

Fabrique et diffusion

Conférence de rédaction
Réunion où les sujets sont proposés, discutés, attribués et calibrés. Sa qualité se mesure à une chose : en sortir avec un angle, un format, une échéance et un nom de relecteur pour chaque sujet retenu. Voir aussi : organisation rédactionnelle.
Secrétariat de rédaction
Fonction de relecture, de titrage, de calibrage et de vérification finale. C’est le dernier filtre avant publication et souvent le seul qui lise le texte comme un lecteur et non comme son auteur. Voir aussi : titres et édition.
Conducteur
Document qui ordonne les éléments d’une édition ou d’un journal parlé, avec durées et responsables. Sur un site, l’équivalent est la liste ordonnée des publications prévues et de leurs dépendances. Voir aussi : organisation rédactionnelle.
Rectificatif
Publication signalant une erreur et sa correction, avec la date et la nature du changement. Une correction silencieuse abîme davantage la confiance que l’erreur initiale. Voir aussi : droit de réponse.
Marronnier
Sujet revenant à date fixe, prévisible et donc facile à préparer à l’avance. Le marronnier n’est pas un défaut : mal préparé, il devient une page vide ; bien préparé, il libère du temps pour l’imprévu. Voir aussi : organisation rédactionnelle.
Verbatim
Transcription exacte des propos, ponctuation et hésitations comprises. Le nettoyage léger des répétitions est admis, la reformulation ne l’est pas : entre guillemets, seule la parole prononcée a sa place. Voir aussi : techniques d’entretien.

Trois confusions à ne pas commettre

Paires de termes régulièrement confondues
On dit souventAlors qu’il s’agit deConséquence de la confusion
« Deux sources »Deux reprises du même communiquéUn fait non recoupé est publié comme confirmé
« C’est public »Accessible sans être publiableAtteinte à la vie privée ou traitement de données injustifié
« Il n’a pas voulu répondre »Personne sollicitée trop tard ou par un seul canalContradictoire de façade, reproché ensuite à la rédaction
« Citation »Reformulation placée entre guillemetsPropos attribués à tort, correction inévitable
« Correction »Modification silencieuse du texte en lignePerte de confiance plus grave que l’erreur d’origine

Comment nous ajoutons un terme

Un mot entre dans ce glossaire quand il apparaît dans au moins deux pages du site et qu’il a provoqué une hésitation en relecture. La définition est écrite à partir de l’usage observable : textes officiels quand ils existent, Code de déontologie journalistique et avis du CDJ pour les notions professionnelles, documentation technique pour les termes de production. Si deux usages coexistent, les deux sont mentionnés. Nous n’inventons pas de terme et nous ne francisons pas un anglicisme pour le plaisir : quand « fact-checking » est le mot employé, il est employé, avec sa traduction « vérification des faits » en regard.

Utiliser le glossaire pendant la relecture

  • Repérez les mots de métier employés dans votre texte.
  • Vérifiez que le sens que vous leur donnez est celui de la définition.
  • Remplacez « source » par le mot exact : document, témoin, communiqué.
  • Contrôlez le vocabulaire judiciaire avant toute publication sur une affaire.
  • Signalez-nous un terme manquant plutôt que de deviner son sens.